• Ely

LP - Tu comprendras quand tu seras plus grande - Virginie Grimaldi



Date de parution : 03/05/2017


Alors comment dire… Si le petit groupe de lecture dont je fais partie ne m’avait pas assuré que ce livre était génial, si les avis lus à droite à gauche n’avaient pas été si élogieux je ne me serais jamais arrêtée sur ce roman…


Premièrement, bizarrement j’en lis beaucoup mais je ne me dirige pas facilement vers les auteurs français, deuxièmement la couverture faisait trop enfantine donc ne me tentait pas, et troisièmement quand j’ai appris que l’histoire se déroulait dans une maison de retraite, j’ai pris peur…


Mais je me suis lancée quand même et bon sang… SANS REGRET !


Julia débarque dans une maison de retraite, les Tamaris, en tant que psychologue remplaçante, à Biarritz.

Julia est une femme malheureuse, blessée et désabusée. Elle tente de se reconstruire et s’est donc sauvée pour y parvenir.

Autant dire que lorsqu’elle découvre les Tamaris et ses pensionnaires elle n’est pas très emballée… Et pourtant… C’est peut-être la que tout va commencer…


Un hommage à la vie


Mon dieu quelle pépite ce roman !

Alors ok quand j’ai su pour la maison de retraite, je n’ai pas adhéré du tout. Mais quand j’ai compris que pour Julia aussi c’était compliqué de fréquenter les personnes âgées, ça m’a un peu rassuré ! Ses remarques cinglantes auraient pu sortir tout droit de ma bouche !

Qu’est-ce que j’ai pu rire pendant ma lecture. J’ai eu la boule au ventre aussi. Les papillons. Les larmes… Tout y est passé !


Cette histoire a pourtant été vraiment difficile à lire pour moi. Pas parce que je l’ai trouvé inintéressante, bien au contraire. Non, c’est parce que ce livre regroupe tout ce qui me fait peur en ce moment : la vieillesse et la mort. Je dois être dans une phase existentielle, je ne sais pas, mais depuis plusieurs mois je flippe dès que j’imagine la fin de mon existence. Et avec ce livre on est en plein dedans !


Julia va découvrir la vie en compagnie de personnes âgées. Elle va apprendre à les connaitre. A voir au-delà du papy et de la mamie qui perd en autonomie et qui perd un peu la boule aussi. Elle va découvrir leurs vies passées, leurs épreuves. Elle va se retrouver en eux, elle va apprendre d’eux. Le papy farceur, les mamies fantaisistes, le méchant vieux aigris, tous vont donner un coup de pied au cul à Julia, et par la même occasion, à nous, lecteur.


Ce livre est une ode au bonheur, à la joie, à l’amour. Il est tantôt triste, tantôt hilarant mais il avant tout percutant ! Et tellement vrai.


Alors bien sûr, il n’a pas éteint mes angoisses du moment concernant la mort, loin de là.

Par contre, quand je l’ai refermé je me suis promis, et j’ai fait promettre à mon mari, que nous profiterions de chaque petit moment de bonheur. Je veux que nous vivions à fond le présent. Le passé est derrière nous et nous ne connaissons pas le futur, la vie est là : ici et maintenant (dixit Mamie Louise).

Je ne veux pas arriver en maison de retraite en regrettant de ne pas avoir fait ça ou ça. Alors je vais vivre à fond la seule et unique vie que l’on m’a donné pour m’éteindre le sourire aux lèvres, et j’espère le plus tard possible.


Les personnages de ce roman sont en fin de vie. Ils le savent, ils l’acceptent. Ils ont le sourire, ils sont heureux, ils ne s’embêtent pas de détails !

C’est merveilleux de voir Julia, si réticente à la base, évoluer auprès d’eux ; se guérir et se révéler.

C’était poignant. C’était fort. C’était beau. J’ai adoré je n’ai pas d’autres mots.

Ils m’ont tous, sans exception, donné une vraie leçon de vie.


Encore une fois je suis sortie des sentiers battus et bon sang : LE KIF !!!

Lisez-le ! Et s’il vous plait, profitez de chaque moment.


J’écourte pour partager avec vous un extrait que j’ai beaucoup aimé :

« Assise à ses côtés face à l’écran, j’initie Rosa au fonctionnement d’un site de rencontres. J’ai un peu pratiqué étant plus jeune, les souvenirs que j’en garde sont à ranger au rayon « à oublier au plus vite », mais il y a des chances que les seniors soient moins tordus que les jeunes. Peut-être que, passé un certain âge, les hommes attendent d’avoir échangé quelques mots avec leur interlocutrice avant de lui demander une photo de ses seins. – Il faut choisir un pseudo, dis en croquant dans le biscuit sec qu’elle m’a offert. – Un pseudo quoi ? – Un pseudonyme, un surnom si vous préférez, répond-je en recrachant le gâteau dans ma main. Il a un drôle de gout, votre gâteau, vous avez vérifié la date sur le paquet ? – C’est moi qui l’ai fait au cours de cuisine le mois dernier. – Bien. Donc nous ne cocherons pas « cuisine » dans la liste de vos talents. Vous avez une idée pour le pseudo ? – Pas tellement… Roro, ça irait ? – Bof… Regardez les pseudos des femmes déjà inscrites : TendreRomantique78, JolieRousseDu77, AmoureuseDesLivres54… Il faudrait quelque chose de plus original. Qui vous caractérise et donne envie de vous connaître, et vous pouvez y ajouter un nombre que vous aimez bien. Elle réfléchit plusieurs minutes en silence, puis son visage s’illumine au moment ou je porte la tasse de thé à mes lèvres. – J’ai trouvé ! Gourmande69, c’est parfait ! Je manque de m’étouffer et recrache tout le liquide brûlant sur l’écran. – Vous êtes sérieuse ? Vous voulez attirer tous les pervers ou quoi ? – Mais pourquoi dites-vous ça ? s’étonne-t-elle avec une toute petite voix. Vous m’avez dit de choisir quelque chose qui me définisse, or j’adore manger. Et je suis née un 6 septembre. Je ne vois pas ce qui cloche !

Après avoir finalement opté pour Epicurienne64, renseigné l’âge (81 ans), les passions (lecture, promenade, musique classique, mots croisés, Motus), la couleur des yeux (noirs), celle des cheveux (brasilia de L’Oréal), la profession (retraitée), il ne reste plus qu’à écrire le texte qui donnera envie à des hommes de rencontrer Rosa. Avec le sourire de celle qui a bien travaillé, elle attrape une petite boîte en bois fermée à clé, l’ouvre, en sort une feuille qu’elle déplie et pose sous mes yeux.



J’aime les couchers de soleil. J’aime lire et je commence toujours par les dernières pages, au cas ou je n’aurais pas le temps de lire la fin. J’aime les bons plats. J’aime la beauté de notre monde. J’aime jouer au Scrabble. J’aime les chats. J’aime passer du temps avec mes proches. J’aimes les roses quand elles commencent juste à éclore.


J’aime l’odeur de l’océan quand il est déchaîné. J’aime prendre soin de moi. J’aime m’ennuyer. J’aime croire qu’un jour vous m’écrirez quelques mots qui nous mèneront à conjuguer le verbe aimer au pluriel.


Je suis soufflée. Son texte est parfait, il n’y a rien à jeter. Plus la peine de se demander d’où viennent les facilités de Raphael.

– Je le peaufine depuis un moment, avoue-t-elle en fixant l’écran. J’espère que je vais avoir de nombreux prétendants qui me feront la cour ! Oh, regardez Julia ! L’internet me dit que JaimeLavie45 souhaite entrer en contact avec moi !

Je lui explique rapidement le fonctionnement du site, puis quitte le studio alors qu’elle demande à son premier prétendant s’il peut lui envoyer une photo récente »


#Lucy

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